Mango Season est un livre rétif. Il ne se livre pas au premier abord. Sur sa couverture quasi-entièrement blanche, son titre et le nom de son autrice, Jenia Fridlyand, imprimés en creux, ne se lisent qu’à l’oblique, dans une réflexion de la lumière. Au dos, un fragment d’image représentant une petite main dont on se demande si elle nous salue, ou exprime le refus d’être photographiée. Outre les pages de colophon, de remerciements et une dédicace, l’ouvrage ne comporte pas de texte qui en donnerait la clef. C’est un projet expérimental dont chaque détail nous invite à réfléchir sur ce qu’est un livre de photographies. L’opus a été séquencé et mis en pages par John Gossage. Il fait partie des trois volumes publiés dans la nouvelle collection de The Agency et de Gerhard Steidl.
Née à Moscou en 1975, immigrée aux États-Unis en 1989, Fridlyand est venue tardivement à la photographie par un MFA de l’Université de Hartford. Elle s’inscrit dans cette tradition typiquement américaine de la Straight Photography. Mais toutes les images de l’ouvrage ont été prises à Cuba, comme un retour à un univers plus familier. Autre paradoxe, ses photographies ont été réalisées à l’aide d’une chambre grand format, mais tenue à la main, comme avec un point and shoot. Ce qui leur confère un caractère à la fois massif et évanescent, sculptural et instantané, solennel et vivant. La grande force de Mango Season repose, en grande part, sur la mise en œuvre de ces tensions.
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À la Fondation, nous croyons au rôle essentiel du livre dans la diffusion du travail des photographes. Aujourd’hui, le photobook offre un degré d’inventivité, de qualité, de conscience, jusqu’alors jamais atteint dans l’histoire de la photographie. C’est la raison pour laquelle, il nous semble important, à travers le livre du mois de la Fondation Henri Cartier-Bresson, de mettre en avant un ouvrage récemment publié et qui nous a particulièrement marqué.
L’ouvrage sera prochainement disponible à la librairie de la Fondation et en ligne.