En ce moment
du 20 mai au 4 octobre 2026
Ces dernières années, Nuits Balnéaires a développé une pratique hybride. L’artiste ivoirien évolue à la croisée des beaux-arts, de la mode et de la recherche. Ses influences mêlent cinéma, littérature, théâtre, performance et histoire culturelle. Sa vie est à la fois ancrée dans la petite ville côtière de Grand-Bassam, à l’est d’Abidjan, et ouverte sur de multiples communautés culturelles internationales. Eboro a été réalisé dans le cadre du programme Latitudes de la Fondation d’entreprise Hermès, dont Nuits Balnéaires est le deuxième lauréat. Ce projet introduit une dimension davantage autobiographique au travail de Nuits Balnéaires. Le projet débute à Dakar, au Sénégal : le 22 juillet 1986, son oncle Noël X. Ebony, journaliste et dramaturge de renom, disparaît dans des circonstances énigmatiques. « Il existe entre nous un lien inexplicable, provenant peut-être d’une mémoire transgénérationnelle », confie Nuits Balnéaires. Dans la tradition Agni-Bona de Côte d’Ivoire, dont l’artiste est profondément imprégné, le neveu joue un rôle clé en accompagnant l’oncle dans son passage vers l’au-delà. Pour Nuits Balnéaires, cela a pris la forme d’une exploration de la façon dont des trajectoires antérieures – historiques ou familiales – influencent ou prédéterminent nos propres parcours de vie.
Nuits Balnéaires a conçu Eboro de manière intuitive, laissant la puissance affective des lieux et de la mémoire familiale façonner les chapitres visuels interconnectés de cette œuvre aux multiples strates. Il accueille la mélancolie et le traumatisme liés à l’histoire de son oncle avec douceur et espoir, interrogeant la manière dont l’imagination peut contribuer à la guérison des blessures transgénérationnelles.
Commissariat
David Campany
Directeur artistique, International Center of Photography (ICP), New York
Nuits Balnéaires est le deuxième lauréat du programme Latitudes de la Fondation d’entreprise Hermès.

En ce moment
du 20 mai au 4 octobre 2026
Pour Daido Moriyama, la photographie est vivante, bien vivante. Depuis le début des années 1960, c’est-à-dire depuis qu’il a commencé à entretenir avec cette forme sensible d’enregistrement du monde une relation quotidienne quasi-existentielle, il ne cesse de s’adresser à elle sous la forme de projets, d’images ou de textes qui ont, à chaque fois, valeur de déclarations. En 1972, son livre Shasin yo sayonara [Adieu photographie] déconstruit les règles admises des bonnes pratiques photographiques. À la même époque, il publie régulièrement dans la presse spécialisée japonaise (Asahi Camera, Provoke, Shashin Jidai , etc.) des essais photographiques qui sont autant de manifestes. Il multiplie également les pèlerinages photographiques dans les pas du tout premier photographe, le français Nicéphore Niépce. Nombre de ses images, prises au jour le jour, constituent par ailleurs des formes de mises en abyme du médium. Elles lui tendent un miroir. L’exposition de la Fondation Henri Cartier-Bresson n’est pas une rétrospective traditionnelle avec son enchaînement de chefs-d’œuvre organisés chronologiquement. Elle repose sur un parti pris curatorial marqué, en proposant de suivre le fil rouge de l’obsession de Moriyama pour la photographie elle-même.
Commissaire de l’exposition
Clément Chéroux
Directeur, Fondation Henri Cartier-Bresson