À l’occasion du bicentenaire de la photographie, Giphantie explore un dialogue inédit entre littérature et peinture. L’ouvrage republie intégralement le roman d’anticipation de Charles Tiphaigne, publié en 1760, dont la portée visionnaire annonce la photographie, la mésinformation et les enjeux climatiques contemporains. En résonance avec ce texte, Romain Bernini signe une série de peintures qui en propose une interprétation fictionnelle et contemporaine.
« Merveilleux », « visionnaire », « culte », sont quelques-uns des adjectifs qui caractérisent le mieux ce petit livre de 1760, publié anonymement, et intitulé Giphantie. Son titre en forme d’anagramme eut du mal à dissimuler l’identité de son auteur, un certain Charles Tiphaigne, médecin et alchimiste normand. Ce récit de voyage, au pays de nulle part, dont la conscience politique ou écologique et la très haute élévation morale affleurent à chaque page, prédit l’avènement de technologies modernes comme la photographie (inventée soixante-ans plus tard), la transmission à distance des images et du son, les lentilles de contact, et bien d’autres choses encore.