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Jan Groover, Sans titre, ca.1978 © Photo Elysée - Fonds Jan Groover
Jan Groover, Sans titre, ca.1981 © Photo Elysée - Fonds Jan Groover

Jan Groover

Laboratoire des formes

du 8 novembre 2022 au 12 février 2023

Exposition

Artiste singulière, Jan Groover (1943-2012), d’origine américaine, a eu un impact considérable sur la reconnaissance de la photographie couleur. Cette exposition, première rétrospective à lui être consacrée depuis sa mort en 2012, donne à voir l’évolution de son œuvre, de ses polyptyques originels aux natures mortes qu’elle réalisera toute sa vie. Grâce à la donation des archives de Jan Groover à Photo Elysée (Lausanne) en 2017, cette exposition, présentée en 2019 à Lausanne, rend hommage à une artiste qui s’est en permanence renouvelée, s’inscrivant ainsi dans l’histoire de la photographie.  

Jan Groover a commencé la photographie comme par défi. Constatant que « la photographie n’était pas prise au sérieux » aux États-Unis dans les années 1960, elle s’éloigne de la peinture abstraite, qu’elle a étudiée. En 1967, Jan Groover achète son premier appareil photo, ce qu’elle qualifie comme étant son « premier acte d’adulte ». Son goût pour l’abstraction et la picturalité se retrouve cependant dès ses premières séries de polyptiques dont le sujet est démultiplié, fractionné ou caché derrière des formes opaques, jusqu’à être nié.

À partir de la fin des années 1970, Jan Groover se tourne vers la nature morte, genre classique des arts picturaux, qu’elle explore jusqu’à la fin de sa vie par une diversité exceptionnelle de sujets, de formats et de procédés. Alors que la photographie documentaire est à l’honneur dans des magazines tels que LIFE, Jan Groover met à profit ses connaissances en peinture dans son travail photographique et contribue ainsi à donner à la photographie abstraite ses lettres de noblesse, produisant des clichés pour le plaisir des formes, loin de tout sens ou revendications. En plus des natures mortes, le travail de Jan Groover intègre également des séries sur le thème des autoroutes, du portrait et des fragments de corps (Body Parts).

Actrice de la mutation du médium photographique vers plus de polyvalence, qualité jusqu’alors attribuée à la peinture ou au dessin, Jan Groover expérimente différentes techniques de création. Par exemple, l’usage du tirage au platine et au palladium pour ses séries de clichés urbains ou les portraits de ses proches, comme John Coplans ou Janet Borden avec qui elle est en constant dialogue intellectuel.

L’exposition Jan Groover. Laboratoire des formes présente des épreuves vintage en couleur et en noir et blanc, ainsi que des documents de travail de la photographe (polaroids, carnets préparatoires, etc.), permettant de découvrir ses méthodes de création et d’apprécier plus amplement le caractère expérimental de son travail ainsi que son influence sur la photographie contemporaine.

Commissaires de l’exposition
Tatyana Franck, présidente du French Institute Alliance Française à New York, ancienne directrice de Photo Elysée
Emilie Delcambre Hirsch
Agnès Sire, directrice artistique, pour la présentation de l’exposition à la Fondation HCB

Conseiller scientifique
Paul Frèches

Production
Une exposition produite par Photo Elysée, Lausanne.

Biographie

Jan Groover naît le 24 avril 1943 à Plainfield, New Jersey aux États-Unis. Elle étudie d’abord la peinture abstraite au Pratt Institute à New York et se lance dans la photographie en achetant son premier appareil à l’aube des années 1970. Commence alors une production variée, faite de polyptyques, de séries de prises de vue d’un même lieu, de portraits et de natures mortes, un thème récurrent de sa carrière. En 1970, Jan Groover obtient un master en éducation artistique à l’Ohio State University, Columbus. Elle s’installe par la suite à New York avec son compagnon, le peintre et critique d’art Bruce Boice. 

C’est dans cette ville, centre de la création contemporaine, qu’elle gagne peu à peu la reconnaissance du milieu et expérimente d’autres techniques photographiques, comme le tirage au platine et au palladium. 

En 1974, la Light Gallery accueille sa première exposition personnelle et elle obtient en 1978 une bourse de l’agence fédérale de la National Endowment for the Arts. Enseignante respectée au Purchase College, elle y forme notamment les photographes Gregory Crewdson, Laurie Simmons et Philip-Lorca diCorcia. 

En 1987, le Museum of Modern Art de New York (MoMA) consacre une exposition rétrospective à l’œuvre de Jan Groover.

Le couple Groover-Boice gravite ainsi dans le milieu de l’art new-yorkais jusqu’en 1991, année de leur installation définitive en France, en Dordogne. Jan Groover y continue ses séries de natures mortes, malgré la maladie qui se déclare en 1998. Le couple obtient la nationalité française en 2005. Jan Groover décède quelques années plus tard, le 1er janvier 2012. 

Grâce à la donation de Bruce Boice, Photo Elysée, à Lausanne,  a pu enrichir sa collection du fonds Jan Groover, composé de la grande majorité de sa production mais également d’archives inédites tirées de son atelier personnel. Le musée en assure la conservation, l’étude et la diffusion.

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