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Henri Cartier-Bresson, Juchitán, Mexique, 1934-1935 © Fondation Henri Cartier-Bresson / Magnum Photos
Helen Levitt, Tacubaya, Mexico City, 1941 © Film Documents LLC, courtesy Galerie Thomas Zander, Cologne

Henri Cartier-Bresson, Helen Levitt

Mexico

du 14 février au 23 avril 2023

Exposition

La Fondation HCB est heureuse de proposer un dialogue inédit entre les photographies mexicaines de Helen Levitt (1913-2009) et celles de Henri Cartier-Bresson (1908-2004). Les deux photographes se rencontrent à New York au printemps 1935. Henri Cartier-Bresson vient de passer presque un an au Mexique et la photographe américaine commence tout juste à photographier le théâtre de la rue new-yorkaise. En 1941, fascinée par les photographies du Français, Helen Levitt choisit la même destination. Ces deux périples au Mexique s’avèrent décisifs au début de leurs longues carrières, Henri Cartier-Bresson et Helen Levitt y forgeant leurs conceptions respectives de la photographie.

En 1934, Henri Cartier-Bresson part au Mexique pour suivre une mission ethnographique interrompue en cours de route, faute de financement. Très séduit par le pays, il décide d’y rester neuf mois. « Ce n’est pas une curiosité à visiter mais une vie à vivre », écrit-il à ses parents. Il y rencontre de nombreux artistes et y expose en mars 1935 avec Manuel Álvarez Bravo au Palacio de Bellas Artes à Mexico, avant de partir pour New York.

En avril 1935, âgée de 21 ans et n’ayant encore jamais voyagé, Helen Levitt est subjuguée par les images mexicaines du Français qu’elle découvre à l’occasion de l’exposition Documentary & Anti-Graphic Photographs présentée à la galerie Julien Levy à New York. Les photographies d’Henri Cartier-Bresson côtoient celles de Manuel Álvarez Bravo et de Walker Evans. « Walker Evans était brillant, très brillant, mais Cartier-Bresson était un génie ! » aimait-elle à dire. La rencontre avec ces deux derniers décide Helen Levitt à devenir elle-même photographe. Elle aide aussi Henri Cartier-Bresson pour ses tirages car « il n’aimait pas tirer », racontera-t-elle des années plus tard.

Quelques années après, en 1941, Helen Levitt embarque pour le Mexique en compagnie d’Alma Agee, épouse du romancier James Agee, et de son fils Joel. De toute sa longue carrière photographique, c’est le seul voyage à l’étranger qu’elle fera. Elle reste dans la ville de Mexico s’attachant à explorer les territoires encore à la limite de la campagne. Comme à New York, c’est l’intimité avec les personnages de ses images qu’elle recherche. Et comme Cartier-Bresson, c’est aussi le pittoresque qu’elle fuit.

Réalisée à partir des collections de la Fondation Henri Cartier-Bresson et des archives d’Helen Levitt, représentées par la Galerie Thomas Zander (Cologne), cette exposition présente une soixantaine de tirages d’Henri Cartier‑Bresson et d’Helen Levitt, ainsi que des documents retraçant les pérégrinations respectives des deux photographes au Mexique.

Commissariat
Agnès Sire
Clément Chéroux, directeur, de la Fondation HCB

 

Biographies

Henri Cartier-Bresson
Né en 1908 à Chanteloup, Seine et Marne, Henri Cartier-Bresson commence par étudier la peinture à l’atelier d’André Lhote à Paris avant de se consacrer à la photographie. En 1931, après avoir voyagé un an en Afrique, il achète son premier Leica.

Son travail fait l’objet de publications et expositions dès 1933, d’abord à l’étranger puis en France. Il voyage en Europe, au Mexique puis aux États-Unis. Intéressé par le cinéma, il rejoint le groupe Nykino et assiste Jean Renoir en 1936 et 1939. Il réalise, dans la même période, trois documentaires sur la guerre d’Espagne.

Le 23 juin 1940, il est fait prisonnier et parvient à s’évader en 1943 après deux tentatives infructueuses. Le Museum of Modern Art (MoMA) de New York lui consacre une exposition en 1947 et, la même année, il crée avec Robert Capa, David Seymour, George Rodger et William Vandivert, l’agence Magnum Photos. Il passe ensuite trois ans en Orient.

De retour en Europe, il publie en 1952 son premier livre, Images à la Sauvette. Il réalise par la suite de nombreux voyages et décide au début des années 1970 de se consacrer au dessin. Celui que l’on surnomme « l’œil du siècle » a été le témoin des grands événements du XXème siècle : funérailles de Gandhi en Inde, derniers jours du Kuomintang en Chine, premières photographies de l’URSS après la mort de Staline… À sa disparition en 2004, il laisse derrière lui un patrimoine unique dans l’histoire de la photographie, qui fait sans cesse l’objet de nouvelles interprétations grâce au travail de la Fondation Henri Cartier-Bresson, créée en 2003 avec son épouse Martine Franck et leur fille, Mélanie.

Helen Levitt
Née en 1913 à Brooklyn, Helen Levitt a vécu à New York toute sa vie et y réalise la plus grande partie de son œuvre. À l’âge de 18 ans, elle s’initie à l’utilisation de l’appareil photographique et de la chambre noire en travaillant pour le photographe publicitaire J. Florian Mitchell.

En 1935, sa rencontre avec Walker Evans et Henri Cartier-Bresson la décide à devenir elle-même photographe, achetant son premier Leica l’année suivante. Helen Levitt enseigne les arts plastiques dans une école et commence à s’intéresser aux dessins à la craie des enfants dans les rues de New York.

En 1938-1939, elle devient l’assistante de Walker Evans et rencontre James Agee. En 1941, Helen Levitt voyage au Mexique et travaille comme monteuse pour Luis Buñuel. Edward Steichen organise la première exposition individuelle de la photographe au Museum of Modern Art de New York (MoMA) en 1943. Jusqu’au début des années 1950, Helen Levitt travaille avec James Agee sur deux documentaires, dont The Quiet One (1948), sélectionné pour les Oscars.

Helen Levitt se consacre ensuite à nouveau à la photographie de rue. En 1959, elle reçoit successivement deux bourses de la Fondation Guggenheim pour réaliser des photographies en couleur de New York. Une grande partie de ses originaux sera volée en 1970. Elle publie son premier livre, A Way of Seeing, en 1965. En 1974, John Szarkowski présente ses photographies couleur au MoMA sous la forme d’une projection, Slide Show.

En 1998, le travail d’Helen Levitt fait pour la première fois l’objet d’une exposition en France à la Galerie Anne de Villepoix à Paris. En 2007, la Fondation Henri Cartier-Bresson lui consacre une exposition. Helen Levitt décède en 2009 à New York.