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Henri Cartier-Bresson, Couronnement du roi George VI, Londres, Angleterre, 12 mai 1937 © Fondation Henri Cartier-Bresson / Magnum Photos
Henri Cartier-Bresson, Couronnement du roi George VI, Londres, Angleterre, 12 mai 1937 © Fondation Henri Cartier-Bresson / Magnum Photos

Henri Cartier-Bresson

L'autre couronnement

du 5 mai au 3 septembre 2023

Exposition

Le 6 mai 2023 aura lieu le couronnement de Charles III et de son épouse Camilla Shand, en tant que roi et reine consort du Royaume‑Uni et des autres royaumes du Commonwealth. À cette occasion, la Fondation HCB revient sur la série emblématique de photographies d’Henri Cartier‑Bresson sur le couronnement du Roi George VI en 1937.

Le couronnement du Roi George VI, le 12 mai 1937 à Londres, fut l’un des événements les plus médiatisés de l’entre-deux-guerres. Employé depuis quelques mois par le tout nouveau journal communiste Ce Soir, Henri Cartier‑Bresson est sur place pour couvrir les festivités. La plupart des autres reporters cherchent à photographier le moment du couronnement, le passage du carrosse ou l’apparition de la famille royale au balcon. Mais ce n’est pas là ce qui intéresse Cartier-Bresson. Bien davantage que le nouveau monarque, il préfère photographier le peuple qui le regarde passer.

Des solennités du jour, il ne retient que le spectacle de la foule des badauds massés sur le chemin du cortège. Il réalise là d’étonnants portraits de ces regardeurs au cou tendu, qui ont trouvé un poste d’observation en hauteur ou se sont hissés sur les épaules d’autres spectateurs. Le photographe est particulièrement fasciné par les différents dispositifs d’augmentation de la vision adoptés pour l’occasion qui vont du banal miroir de poche au périscope en carton, en passant par le rétroviseur simplement fixé au bout d’une tige.

Après une première publication dans Ce soir, la série d’images est reprise dans Regards, le mensuel du Parti communiste français, sous le titre « Ceux qui regardaient… ». Il y a, dans ce jeu des points de vue, plusieurs inversions : celle du photographe qui tourne le dos au Roi pour photographier le peuple et celle des spectateurs faisant volte-face pour mieux observer le souverain. En retournant ainsi le regard, Cartier-Bresson imagine le renversement du pouvoir.

Commissariat
Clément Chéroux, directeur, Fondation HCB

Partenariat media

Biographie
Né en 1908 à Chanteloup, Seine et Marne, Henri Cartier-Bresson commence par étudier la peinture à l’atelier d’André Lhote à Paris avant de se consacrer à la photographie. En 1931, après avoir voyagé un an en Afrique, il achète son premier Leica.

Son travail fait l’objet de publications et expositions dès 1933, d’abord à l’étranger puis en France. Il voyage en Europe, au Mexique puis aux États-Unis. Intéressé par le cinéma, il rejoint le groupe Nykino et assiste Jean Renoir en 1936 et 1939. Il réalise, dans la même période, trois documentaires sur la guerre d’Espagne.

Le 23 juin 1940, il est fait prisonnier et parvient à s’évader en 1943 après deux tentatives infructueuses. Le Museum of Modern Art (MoMA) de New York lui consacre une exposition en 1947 et, la même année, il crée avec Robert Capa, David Seymour, George Rodger et William Vandivert, l’agence Magnum Photos. Il passe ensuite trois ans en Orient.

De retour en Europe, il publie en 1952 son premier livre, Images à la Sauvette. Il réalise par la suite de nombreux voyages et décide au début des années 1970 de se consacrer au dessin. Celui que l’on surnomme « l’œil du siècle » a été le témoin des grands événements du XXème siècle : funérailles de Gandhi en Inde, derniers jours du Kuomintang en Chine, premières photographies de l’URSS après la mort de Staline… À sa disparition en 2004, il laisse derrière lui un patrimoine unique dans l’histoire de la photographie, qui ne cesse de faire l’objet de nouvelles interprétations grâce au travail de la Fondation Henri Cartier-Bresson, créée en 2003 avec son épouse Martine Franck et leur fille, Mélanie.