1 octobre, 2026
Dans les années 1970, Martine Franck (1938-2012) photographie les luttes féministes, principalement à Paris. En tant que femme photographe, l’attention qu’elle porte aux mobilisations du Mouvement de libération des femmes (MLF) infléchit son regard sur le monde social et oriente durablement son œuvre.
La question des images s’impose dans les luttes féministes en réaction aux représentations médiatiques d’une culture visuelle dominante, qui objectifie les corps des femmes et peut détourner ou discréditer leurs revendications. Membre fondatrice de l’agence Viva (1972), Martine Franck partage cette vigilance à l’égard des images. Viva est conçue comme un « refuge de photographes qui savent la portée de l’image, connaissent son pouvoir d’information, refusent l’utilisation qui pourrait en être faite, et ne veulent pas s’échapper de leur réalité sociale. »
Cette exposition présente des photographies pour la plupart inédites, qui soulignent la dimension collective d’une culture visuelle féministe des années 1970. Celle-ci se manifeste à travers la représentation des mobilisations, mais aussi par l’essor de la presse féministe, devenue laboratoire des luttes. Les périodiques constituent également un support privilégié de diffusion des images.
À partir des années 1980, le féminisme s’institutionnalise et Martine Franck réalise les séries « Des femmes et la création » puis « Des métiers et des femmes » dans le cadre de commandes publiques. Son rapport au féminisme s’individualise progressivement mais demeure déterminant dans son œuvre.
Commissaire de l’exposition
Angèle Ferrere
Docteure en histoire et esthétique de la photographie
Lauréate de la Bourse de recherche curatoriale Martine Franck 2025
Mécène
La Bourse de recherche curatoriale Martine Franck bénéficie du soutien de la Fondation d’entreprise Linklaters.
